Préservation de la fertilité

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PRESERVATION DE LA FERTILITE

En France la préservation de la fertilité est encadrée par un texte de loi. Loi de bioéthique, article L2141-11.
« Toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d’altérer la fertilité ou dont la fertilité risque d’être prématurément altérée, peut bénéficier du recueil et de la conservation de gamètes ou de tissus germinaux, en vue de la réalisation ultérieure, à son bénéfice, d’une AMP, ou en vue de la préservation et de la restauration de la fertilité. »
Préservation de la fertilité masculine
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Conservation du sperme

La congélation du sperme via congélation lente est pratiquée depuis plus de 30 ans : on parle d’autoconservation
Les échantillons sont recueillis par masturbation chez les hommes pubères principalement.

Néanmoins, dans plus de 10% des cas, le recueil peut poser problème compte tenu de l’état de santé du patient ou de son jeune âge (adolescent notamment). En outre, les caractéristiques du sperme (le nombre de spermatozoïdes et leur mobilité) peuvent être sévèrement diminuées du fait de l’état général du patient.

Dans ces situations, un prélèvement chirurgical de spermatozoïdes directement dans les testicules peut être envisagé, même de façon urgente.
Après décongélation, les spermatozoïdes peuvent être utilisés pour une insémination intra-utérine ou encore pour une fécondation in vitro avec de très bon résultats en terme de grossesse et d’accouchement.

On propose ces autoconservation de sperme en cas :

  • D’altérations sévères des paramètres spermatiques
  • D’échecs de recueils de sperme
  • Avant un traitement pouvant altérer les caractéristiques du sperme
  • Avant une chirurgie testiculaire
  • Avant un traitement contre indiqué pour un projet de grossesse (risque mutagène et tératogène)
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Conservation de tissu testiculaire

Chez le garçon prépubère, il est possible de prélever et congeler du tissu testiculaire. Le prélèvement s’effectue au cours d’une intervention chirurgicale. L’objectif est d’utiliser ces échantillons de tissu pour réaliser une maturation in vitro des cellules germinales immatures qu’ils contiennent.

Une autre possibilité est de réimplanter le tissu prélevé à l’issue du traitement toxique. Ces deux techniques sont encore expérimentales. La greffe devrait théoriquement permettre de restaurer la fonction totale du testicule mais pourrait exister un risque de réintroduire des cellules malignes présentes dans le tissu prélevé chez le patient .
Des études sont toujours en cours.

Préservation de la fertilité chez la femme

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Conservation ovocytaire ou embryonnaire

La congélation des ovocytes a longtemps été plus problématique que celle du sperme, en raison de la teneur en eau des ovocytes. Cette difficulté a été contournée grâce à la vitrification .

Cette technique de congélation ultrarapide consiste a exposer la cellule dans des bain de cryoprotecteurs et à les plonger directement dans l’azote liquide, à -196°C, au lieu de procéder à une congélation lente comme pour le sperme, ce qui evite la formation de cristaux délèterent pour l’integrité de l’ovocyte.
La technique de référence est la vitrification d’ovocytes matures apres stimulation ovarienne.

Il se peut que l’urgence thérapeutique ne laisse pas le temps a une stimulation ovarienne , ou que la situation médicale contre indique l’apport hormonale..
Dans ce cas nous proposons une technique de MIV (maturation in vitro) qui consiste à prélever des ovocytes immatures (sans stimulation ovarienne), de les faire maturer in vitro, puis de vitrifier les ovocytes matures ou de les féconder en vue d’une cryopréservation embryonnaire. Cette technique est encore considéree comme experimentale même si nous la pratiquons depuis plus de 10 ans maintenant.

Si vous necessitez une préservation de la fertilité et que vous êtes en couple avec un désir d’enfant , il est possible d’envisager une préservation embyronnaire ; n’hesitez pas à en parler avec nous , en tant que biologiste nous sommes là pour vous expliquer les différences et vous conseiller au cas par cas.

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Conservation du tissu ovarien

Chez les femmes pubères et prépubères, il est aussi possible de prélever et de congeler du tissu ovarien .
Cette technique est particulièrement indiquée en cas de traitement très toxique pour les ovaires, tel qu’une radiothérapie pelvienne ou une chimiothérapie à base d’alkylants à fortes doses mais elle devient à l’étranger , une technique de plus en plus répandue.
Nous la pratiquons dans le centre , dans certaine indication et après décisions en réunion pluridisciplinaire.

Les ovaires ou les tissus corticaux ovariens sont dans la plupart des cas prélevés par coelioscopie. Avant la cryopréservation, une évaluation de la densité du pool folliculaire est impérative pour la décision ultérieure d’une transplantation..
L’ovaire peut être divisé en deux parties: le cortex ovarien où les follicules se développent et la medulla.

C’est dans le cortex que se concentrent tous les follicules primordiaux, et donc la réserve folliculaire. Pour la cryoconservation, il s’agit d’isoler le cortex où se trouvent les follicules primordiaux et primaires. Cette intervention peut se faire sans délai et quelque soit la période du cycle.
La transplantation d’un ou plusieurs fragments de cortex ovariens a pour objectif de rétablir une fonction ovarienne complète. Elle permet d’envisager des grossesses naturelles ou médicalement assistées. La durée fonctionnelle des greffons est variable, de quelques mois à plusieurs années. Le risque théorique de réimplanter des cellules malignes présentes dans le greffon n’est pas nul et peut constituer une contre-indication à cette stratégie
En plus du cortex il est possible , de manière experimentale de rechercher des ovocytes immatures dans la medulla et ainsi de les mettre en maturation in vitro pour obtenir des ovocytes matures à vitrifier. C’est la maturation « EX VIVO »

L e choix des différentes techniques dépend de plusieurs facteurs ( âge, réserve ovarienne , toxicite du traitement envisagé ..) , il vous sera expliqué lors d’une consultaiton clinico-biologique et validé lors d’une réunion pluridiscipliniare.

Vous souhaitez échanger sur vos possibilités de préservation ?
N’hésitez pas à demander un rendez vous téléphonique avec le Dr Montagut ou le Dr Chiron au 05 32 02 71 17
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